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    Grande exposition d’artistes aborigènes contemporains à Marseille

    par Julien Kolere avec Afp

    5 juin 2004 - AFP - Le musée public de la Vieille Charité à Marseille accueille jusqu’au 3 octobre sous le titre "paysages rêvés" une grande exposition consacrée aux artistes aborigènes contemporains de la communauté de Balgo (Australie).

    Soixante-deux peintures de 24 artistes appartenant à des collections privées et à quelques musées ont été réunies pour un voyage initiatique dans une culture empreinte de tradition, de mysticisme et de rêve.

    Tous les artistes sont originaires de la communauté de Balgo Hills, une agglomération reculée d’environ 500 habitants, créée en 1942 par des missionnaires dans le grand désert de sable à 650 km au sud-est de Broome (Australie).

    "Les peintres aborigènes sont porteurs des plus anciennes traditions du monde (50.000 ans), leurs oeuvres sont magnifiques avec un vrai contenu, ce qui n’est plus si fréquent dans l’art contemporain", explique Alain Nicolas commissaire de l’exposition.

    Encore inconnue il y a 30 ans, la peinture aborigène, originale et colorée, a atteint en 2003 des records lors d’une vente aux enchères à Sydney où 127 oeuvres ont été vendues par Sotheby’s Australie pour plus de 4 millions de dollars américains, un record jamais atteint en une seule nuit par l’art aborigène.

    Les peintres de Balgo sont apparus dans l’histoire de l’art à la fin des années 1980, dans la mouvance des peintres de Papunya (premières peintures sur toile en 1971). Chaque oeuvre montre un paysage ancestral rêvé par l’artiste et validé par la communauté comme la représentation d’une inspiration divine.

    "Lorsque les aborigènes Ngarinyin sont venus en France en 1977, ils sont restés indifférents aux nouveautés occidentales mais ont pleuré devant les peintures rupestres des grottes de Lascaux en disant : "ce sont nos ancêtres qui nous font signe", raconte Danièle Giraudy, directrice des musées de Marseille.

    Traditionnellement, la communauté de Balgo utilisait dessins et couleurs pour des cérémonies religieuses en peignant les corps, en ornant des lieux de cérémonies ou en réalisant de grandes fresques éphémères dans le sable, à la manière des artistes du "Land art".

    Fascinés par la beauté des représentations, Geoff Bardon et Peter Fannin, leurs premiers conseillers artistiques, ont proposé aux aborigènes de peindre sur toile pour pouvoir commercialiser leurs oeuvres en leur fournissant le matériel pour s’exprimer.

    Après d’âpres discussions, les anciens ont donné leur accord mais chaque tableau, couvert de symboles sacrés, doit passer, avant d’être vendu, devant un comité de censure pour s’assurer qu’il ne livre pas trop de secrets aux blancs, raconte Alain Nicolas. Les bénéfices sont redistribuée à la communauté, précise-t-il.

    Source: AFP

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