Les générations volées
Entre 1910 et 1970, plus de 100.000 enfants aborignes ont été
enlevés de force ou sous la menace leurs familles par la
police ou les officiers de santé public.
La plupart étaient âgés de moins de 5 ans.
Il y avait rarement une enqute judiciaire. Etre aborigne suffisait.
Ils sont connus sous le nom de générations volées.
Que leurs est-il arrivés?
- La plupart ont été élevés dans les
églises ou dans les institutions d'Etat. Quelques uns ont
été placés dans des familles blanches ou
adoptés par des parents blancs.
- Beaucoup ont souffert de maltraitance et d'abus sexuel. La nourriture
et les conditions de vie étaient précaires.
- Ils ont reçu peu d'instruction et étaient voués
aux plus basses tâches domestiques ou au travail la ferme.
Pourquoi ont-ils été enlevés
Ils ont été enlevés parce que c'était
la politique des gouvernements d'Etat et du gouvernement fédéral
qui consistait retirer les enfants aborignes en particulier ceux
qui descendaient de couple mixte Aborigne et Européen - leurs
parents.
Entre 10 et 30% de l'ensemble des enfants aborignes ont été
enlevés et dans certains endroits cette politique a continué
jusque dans les années 70.
- Le principal motif était d'assimiler les enfants aborignes
dans la société européenne sur une ou deux
générations en déniant et détruisant
leur identité aborigne.
- Parler leurs langues et pratiquer leurs cérémonies
étaient interdits.
- Ils étaient emmenés trs loin de leur pays, parfois
mme en dehors de l'Australie.
- On ne disait pas aux parents o étaient leurs enfants
et ils ne pouvaient mme pas faire de recherches. On disait aux
enfants qu'ils étaient orphelins.
- Les visites des familles étaient déconseillées
ou interdites; les lettres étaient détruites.
Quels ont été les conséquences
Les dommages physiques et émotionnels de ceux qui ont été
enlevés sont profonds et durables:
- La plupart ont grandi dans un environnement hostile sans liens
familiaux ou identité culturelle.
- Devenus adultes, beaucoup ont souffert d'insécurité,
de manque d'estime pour eux mme, d'un sentiment de mépris,
de dépression, de suicide, de violence, de délinquance,
d'abus d'alcool et de drogues et de l'impossibilité de
faire confiance.
- Manquant de modle parental, beaucoup ont eu du mal s'occuper
de leurs propres enfants.
- L'ampleur de cette politique de séparation a aussi eu
de profondes conséquences pour l'ensemble de la communauté
aborigne colre, impuissance, manque de projet aussi bien qu'une
méfiance permanente envers le gouvernement, la police et
tout les officiels.
Qu'a-t-il été fait?
Une enqute nationale a été mise sur pied en 1995.
Son rapport de 1997 «Bringing
them home» (Ramenez-les la maison) contient des témoignages
déchirants.
Il montre que l'enlvement des enfants aborignes était une
violation flagrante des droits de l'homme qui a continué
bien aprs que l'Australie se soit engagée dans les droits
de l'homme internationaux.
- C'était de la discrimination raciale parce que ça
ne s'appliquait, cette échelle, qu'aux enfants aborignes
- C'était un acte de génocide contraire la convention
sur le génocide (qui interdit d'obliger des enfants d'un
groupe a tre transférés dans un autre groupe).
Le rapport comprend 54 recommandations dont l'enregistrement des
témoignages, des enqutes familiales, des services pour réunir
les familles et le besoin de réparations (comprenant la reconnaissance
et les excuses par les gouvernements et institutions concernées,
la restitution, la réhabilitation et les compensations).
Le gouvernement a augmenté un peu les aides financires mais
a refusé de s'excuser ou d'offrir des compensations. Une
commission sénatoriale a enquté sur la réponse
du gouvernement.
Les personnes des générations volées ont entamé
des actions en justice contre le gouvernement pour obtenir des compensations.
Chaque cas a été une dure bataille car les avocats
du gouvernement argumentaient que l'enlvement des enfants était
fait pour leur bien.
Une déclaration de l'ancien ministre des affaires aborignes,
John Herron qui niait l'existence des générations
volées, a causé désarrois et colre parmi ceux
qui ont été affectés. La négation était
présente dans une bonne partie de son discours.
«Moving foward: achieving reparations» (Aller de l'avant:
concrétiser les réparations) est un projet conduit
en partenariat avec ATSIC, les droits de l'homme, la commission
de l'égalité des chances, le comité du jour
du pardon national et des groupes des générations
volées du territoire du nord.
Son rapport «Restoring
identity» (Restaurer l'identité) qui propose un
tribunal des réparations pour les générations
volées, a un large soutient parmi les Aborignes.
Les ministres des affaires aborignes dans le Victoria, Queensland,
Australie méridionale et Australie occidentale ont fait des
déclarations publiques favorables au rapport et détaillant
leurs initiatives pour mettre en uvre les recommandations.
- Translation by Marc Faucompré
- Traduction par Marc Faucompré

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